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L’hypogonadisme masculin : Définition & Causes & Traitement

L’hypogonadisme masculin est le résultat d’une déficience en hormone sexuelle masculine : la testostérone. Cela entraîne une perte de la libido et de la fonction sexuelle, une puberté retardée, l’ostéoporose et il peut aussi en résulter une incapacité à produire des spermatozoïdes.

Qu’est-ce que l’hypogonadisme masculin?

L’hypogonadisme masculin décrit un état de faible niveau de testostérone chez les hommes. La testostérone est produite dans les testicules et est importante au développement des caractéristiques masculines telles que l’aggravation de la voix, le développement des poils faciaux et pubiens et la croissance du pénis et des testicules durant la puberté. L’hormone de libération des gonadotrophines hypophysaires, produite dans l’hypothalamus, stimule la glande pituitaire afin de produire l’hormone lutéinisante et l’hormone folliculo-stimulante (gonadotrophines), qui agissent alors sur les testicules, leur permettant de produire de la testostérone. De faibles niveaux de testostérone peuvent survenir en raison de pathologies touchant les testicules ou de conditions affectant l’hypothalamus ou la glande pituitaire. Les hommes peuvent être affectés à tout âge et présentent des symptômes différents en fonction du moment de survenue de la maladie par rapport au début de la puberté.

Quelles sont les causes de l’hypogonadisme masculin?

L’hypogonadisme masculin peut être divisé en deux groupes. L’hypogonadisme classique ; les faibles taux de testostérone sont causés par un état médical spécifique sous-jacent, par exemple le syndrome de Klinefelter, le syndrome de Kallmann ou une tumeur hypophysaire. L’hypogonadisme tardif ; le déclin des niveaux de testostérone est lié au vieillissement général et/ou aux maladies liées à l’âge, en particulier l’obésité. On estime que l’hypogonadisme à début tardif ne touche qu’une minorité d’hommes de plus de 40 ans.

Il existe deux types d’hypogonadisme masculin classique: primaire et secondaire. L’hypogonadisme est dit primaire lorsque le faible niveau de testostérone est dû à des affections touchant les testicules. L’hypogonadisme primaire est également appelé hypogonadisme hypergonadotrophique, se caractérisant par une production excessive d’hormone lutéinisante et d’hormone folliculo-stimulante (gonadotrophines) par la glande pituitaire, dans le but de stimuler les testicules pour produire plus de testostérone. Cependant, comme les testicules sont atteints ou manquants, ils ne sont pas en mesure de répondre aux niveaux accrus de gonadotrophines et peu ou pas de testostérone est produite.

Exemples de pathologies affectant les testicules et qui conduisent à de faibles taux de testostérone :

  • inflammation due à des infections telles que les oreillons
  • chimiothérapie ou radiothérapie des testicules
  • échec des testicules à descendre dans le scrotum
  • absence des testicules (anorchidisme)
  • Syndrome de Klinefelter – condition génétique dans laquelle les hommes naissent avec un chromosome X supplémentaire; caractérisé par une grande taille, une fertilité réduite et un développement du tissu mammaire
  • certains types de tumeurs
  • certains types de troubles auto-immuns.

L’hypogonadisme secondaire résulte de conditions affectant la fonction de l’hypothalamus et/ou de la glande pituitaire. Il est également connu sous le nom d’hypogonadisme hypogonadotrophique en raison des faibles taux d’hormone lutéinisante et d’hormone folliculo-stimulante, entraînant une diminution de la production de testostérone. L’hypogonadisme secondaire se manifeste souvent dans le cadre d’un syndrome plus large d’hypopituitarisme. Les causes peuvent inclure :

  • les tumeurs hypophysaires et leur traitement
  • hypogonadisme hypogonadotrophique isolé (faible taux de GnRh depuis la naissance)
  • Le syndrome de Kallmann – une maladie génétique rare, qui provoque une perte du développement des cellules nerveuses dans l’hypothalamus qui produit la GnRH. Il en résulte une absence de puberté, de maturation sexuelle et le non-développement des testicules
  • utilisation de stéroïdes anabolisants
  • obésité
  • Syndrome de Prader-Willi
  • traumatisme crânien

Quels sont les signes et symptômes de l’hypogonadisme masculin?

Les signes et les symptômes dépendent de la phase à laquelle l’hypogonadisme survient par rapport à la maturité sexuelle. Si la déficience en testostérone survient avant ou pendant la puberté, les signes et les symptômes sont susceptibles d’inclure:

Puberté retardée:

  • manque de développement des testicules et manque de croissance du pénis
  • manque de poils pubiens et faciaux
  • non aggravation de la voix
  • absence de production de spermatozoïdes dans les testicules, entraînant une infertilité.
  • âge osseux retardé (lorsque la maturité du squelette est en retard de plusieurs années par rapport à l’âge).

Au moment de la puberté, les garçons avec une testostérone insuffisante peuvent également avoir une force et endurance inférieures à la normale, et leurs bras et jambes peuvent continuer à se développer disproportionnellement au reste du corps.

Chez les hommes qui ont déjà atteint la maturité sexuelle, les symptômes sont susceptibles d’inclure:

  • érections insuffisantes, perte de libido et faible performance sexuelle
  • fatigue
  • perte de motivation et de concentration
  • perte de poils pubiens et faciaux
  • diminution du nombre de spermatozoïdes
  • testicules petits et mous
  • changements d’humeur
  • augmentation de la graisse corporelle
  • gynécomastie – croissance du tissu mammaire
  • amincissement des os (ostéoporose)
  • réduction de la masse musculaire et de la force physique
  • une peau ridée à la manière d’un «parchemin»

Comme certains de ces symptômes (par exemple, la fatigue, les changements d’humeur) peuvent avoir de multiples causes, l’hypogonadisme masculin peut parfois passer inaperçu à la première consultation.

Quelle est la fréquence de l’hypogonadisme masculin ?

L’hypogonadisme masculin est plus fréquent chez les hommes vieillissants. Les niveaux de testostérone chez les hommes commencent à diminuer après l’âge de 40 ans. On estime que 8,4% des hommes âgés de 50 à 79 ans souffrent de déficience en testostérone. L’hypogonadisme masculin est également lié au diabète de type 2: on estime qu’environ 17% des hommes atteints de diabète de type 2 ont un faible taux de testostérone.

Est-ce que l’hypogonadisme masculin est héréditaire ?

L’hypogonadisme masculin n’est pas héréditaire. Il existe des causes génétiques de l’hypogonadisme, qui comprennent le syndrome de Klinefelter et le syndrome de Kallmann; cependant, ces maladies se produisent sporadiquement, elles ne sont pas héritées des parents.

Comment l’hypogonadisme masculin est-il diagnostiqué ?

Une anamnèse médicale détaillée doit être réalisée. Il est particulièrement important de savoir si la virilisation était complète à la naissance, si les testicules sont descendus et de savoir si le patient a atteint la puberté en même temps que ses pairs. Le patient doit être soigneusement examiné, la présence et la taille des testicules enregistrées, et s’ils sont correctement en place dans le scrotum.

Beaucoup de symptômes de l’hypogonadisme masculin ne sont pas spécifiques et peuvent être causés par différentes pathologies. Par conséquent, lors du diagnostic de l’hypogonadisme, il est important que des tests biochimiques soient effectués pour évaluer les taux de testostérone dans le sang et confirmer le diagnostic. Des analyses de sang sont effectuées pour mesurer les niveaux de testostérone. L’échantillon de sang doit être prélevé de préférence à 9 heures du matin (car les niveaux de testostérone fluctuent tout au long de la journée), le prélèvement peut être effectué en ambulatoire. Si le résultat du premier test montre un faible taux de testostérone, le test doit être répété après deux ou trois semaines pour confirmer le résultat. D’autres hormones sont également testées après le deuxième prélèvement de sang, comme l’hormone lutéinisante, l’hormone folliculo-stimulante et la prolactine (produite par la glande pituitaire). Les résultats de ces tests sanguins permettront de distinguer l’hypogonadisme primaire (faible testostérone et gonadotrophines élevées) et secondaire (faible testostérone et gonadotrophines normales ou faibles).

Selon les résultats des tests ci-dessus, d’autres enquêtes peuvent être menées, tel que : le test de densitométrie osseuse pour évaluer l’impact de la déficience en testostérone sur les os; l’analyse du sperme; les études génétiques; et l’échographie des testicules pour déceler la présence éventuelle de nodules ou d’excroissances.

Quels sont les traitements de l’hypogonadisme masculin ?

Le traitement de l’hypogonadisme classique implique la substitution de la testostérone dans le but de retrouver des niveaux normaux de testostérone dans le sang. Le traitement variera entre les patients et sera adapté à leurs besoins individuels. Différentes préparations de testostérone sont disponibles :

1- Forme injectable – ce sont des préparations qui peuvent être administrées tous les trois à quatre semaines ou tous les trois mois, en intramusculaire.

2- Application quotidienne (le matin) de gel de testostérone sur la peau.

3- Testostérone par voie orale – comprimé placé sur la gencive supérieure dans la bouche.

4- Implants de testostérone – petites pastilles placées sous la peau.

Tous ces traitements sont ambulatoires et devraient être discutés avec un professionnel de la santé afin que le traitement la plus appropriée soit choisi. Pendant le traitement par substitution de testostérone, des analyses sanguines régulières doivent être effectuées pour surveiller les niveaux de testostérone et ajuster la dose si nécessaire afin de maintenir un taux normal. Les comprimés de testostérone pris par voie orale ne sont pas recommandés en raison de possibles dommages au foie.

La testostérone ne doit pas être administrée si le patient a un cancer de la prostate. Avant de commencer le traitement à base de testostérone, un test sanguin pour mesurer une hormone produite par la prostate appelée PSA (antigène prostatique spécifique) est effectué (les taux de PSA sont élevés dans le cas de cancer de la prostate). La prostate peut également être examinée (via toucher rectal) pour exclure le cancer de la prostate.

Pour les patients à qui on a diagnostiqué un hypogonadisme tardif, il n’existe actuellement pas assez d’études pour savoir si le traitement avec de la testostérone est sûr et efficace au long terme. Bien qu’il existe des études à court terme qui indiquent qu’il peut être bénéfique pour ces patients sur une courte période, des essais cliniques portant sur le long terme sont nécessaires. Ceux-ci devront impliquer le suivi d’un grand nombre de patients, pour évaluer l’impact à long terme du traitement à la testostérone chez les patients présentant un hypogonadisme à début tardif. Les points qui nécessitent une attention particulière sont l’évaluation des effets du traitement sur la probabilité de développer une maladie cardiovasculaire, un cancer de la prostate et une polycythémie secondaire (un état où trop de globules rouges sont présents dans le sang).

Y a-t-il des effets secondaires à ce traitement ?

Il peut y avoir de légers effets secondaires selon la forme utilisée : les formes injectables peuvent causer des douleurs et des ecchymoses au niveau du site de l’injection; le gel peut provoquer une irritation de la peau; et les comprimés peuvent provoquer une irritation des gencives.

Le traitement par la testostérone peut provoquer une augmentation des globules rouges (connue sous le nom de polycythémie), ce qui augmente le risque de thrombose. Des analyses sanguines régulières doivent être effectuées durant le traitement pour déceler une éventuelle augmentation du nombre de globules rouges. L’élargissement de la prostate est un autre effet secondaire grave qui devrait être surveillé. L’examen de la prostate et un test sanguin ciblant la PSA doivent être effectués tous les trois mois durant la première année, puis une fois par an chez les hommes de plus de 40 ans dès le début du traitement. Si les patients s’inquiètent de ces possibles effets secondaires, ils doivent en discuter avec leur médecin traitant.

Quelles sont les répercussions au long terme de l’hypogonadisme masculin ?

Les symptômes de l’hypogonadisme masculin, tels que le manque de libido, les érections insuffisantes et l’infertilité, peuvent entraîner une faible estime de soi et engendrer une dépression. Un accompagnement psychologique est conseillé pour aider à faire face à ces effets secondaires; les patients doivent parler à leur médecin pour plus d’informations. Les patients constatent généralement une amélioration de leur libido et de leur estime de soi après un traitement substitutif.

Il a été démontré que l’hypogonadisme masculin augmente le risque de développer une maladie cardiaque (le faible taux de testostérone peut entraîner une augmentation du taux de cholestérol). Des études ont montré que les taux de testostérone peuvent être plus faibles chez les hommes atteints de diabète de type 2 et chez les hommes en surpoids. Ainsi, faire plus d’exercice physique et perdre du poids peut augmenter le taux de testostérone chez les hommes atteints de diabète.

Les niveaux de testostérone chez les hommes diminuent naturellement à mesure qu’ils vieillissent. Dans les médias, on parle parfois de ménopause masculine (andropause). Les faibles niveaux de testostérone peuvent également causer des difficultés de concentration, la perte de mémoire et des troubles du sommeil. Les recherches actuelles suggèrent que ces effets ne sont observés que chez une minorité d’hommes âgés. Cependant, de nombreuses recherches en cours visent à en savoir plus sur les effets de la testostérone chez les hommes âgés et sur les éventuels bénéfices d’une thérapie de substitution de la testostérone.

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